• dimanche , 15 septembre 2019

Gabon : Après avoir assigné Ali Bongo à comparaitre, le premier président de la Cour d’appel suspendu

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Paulette Ayo Mba épouse Akolly, suspendue jusqu’au 30 septembre 2019.© D.R

A quelques jours du 26 août, date arrêtée pour la comparution d’Ali Bongo devant la Cour d’Appel, en réponse à la requête introduite par des opposants et membres de la société civile regroupés au sein du groupe ‘’Appel à agir’’ réclamant qu’il soit ordonné une expertise médicale sur la personne d’Ali Bongo, victime en octobre 2018 d’un AVC, le secrétaire général de la Chancellerie du ministère en charge de la Justice vient de prononcer la suspension de Paulette Ayo Mba épse Akolly.

La juge paierait manifestement une faute pour non-respect des procédures et violation des principes de droit inhérents aux actions en justice dirigées contre le président de la République. Son ordonnance de fixation et comparution ordonnant Ali Bongo à comparaitre, logiquement suspendue par la Cour de cassation par ordonnance du 26 juillet 2019, n’était donc plus appelée à prospérer.

Seulement voilà, le premier président de la Cour d’appel avait décidé de poursuivre la procédure engagée, décidant pour un jugement au fond du dossier et renvoyant les deux parties au 26 août 2019. Ce qui apparait aux yeux de la hiérarchie administrative comme une insoumission, donc passible de sanction.

Simulacre ou méconnaissance du droit ?

Il apparait très clairement improbable que ce magistrat de haut rang ait pu ignorer les procédures et le respect des décisions suivant la hiérarchie des juridictions. Le refus de s’incliner face à l’ordonnance de la Cour de cassation laisse planer le soupçon d’une connivence destinée à aboutir à sa suspension. Laquelle devra donner lieu impérativement à la saisine déclarée cette fois de la Cour de cassation, qui sans surprise va se prononcer incompétent. Sachant que la suspension d’Ayo Mba cours seulement jusqu’au 30 septembre.

Couvert d’éloges le 12 août dernier par le groupe ‘’Appel à agir’’, après sa décision de connaitre au fond ce dossier, la juge qui s’était déjà montrée intraitable face à l’opposition en 2016 sur le dossier concernant la preuve de nationalité d’Ali Bongo, a plutôt surpris dans sa posture à œuvrer contre la demande des avocats d’Ali Bongo. Une surprise qu’un bon nombre d’observateurs croient relevée plutôt d’un simulacre pour duper le groupe d’opposants et de la société civile, dans l’intérêt bien compris de laisser croire que la justice gabonaise peut attaquer l’exécutif et s’en servir comme argument pour dire qu’elle est impartiale. Plutôt bien tenté, puisque nombreux sont tombés dans le panneau.

 

 

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