• dimanche , 20 octobre 2019

Gabon : Engandji viré du Gouvernement : Ce qui se serait passé

Arnaud Calixte Engandji Alandji, l’ancien ministre de l’Equipement, des Infrastructures et des Travaux publics.© D.R

Personne ne niera l’effet de surprise occasionné par l’annonce de l’éviction d’Arnaud Calixte Engandji Alandji du Gouvernement. Considéré comme un pilier du pouvoir, l’ancien ministre de l’Equipement, des Infrastructures et des Travaux publics a brusquement été débarqué de l’équipe de Julien Nkoghe Bekalé.

Cette manie détestable de limoger ses collaborateurs révèle incontestablement un courant porteur de soupçons. C’est connu, tous les indésirables sont chassés pour des raisons diverses. Pour le cas de l’ancien syndicaliste, il se dit que l’homme se serait dit mécontent du portefeuille qu’on lui a attribué lors du remaniement ministériel de vendredi dernier.

Affecté au ministère de la Décentralisation, de la Cohésion nationale et du Développement des territoires, Arnaud Calixte Engandji Alandji aurait ainsi désapprouvé cette nomination tout sauf considérée comme une promotion. Samedi dernier, lors de la clôture de la tournée inter-provinciale du directeur de cabinet du distingué camarade du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) l’ex-ministre se serait opposé vertement à l’injonction de Brice Laccruche Alihanga de démentir publiquement « la rumeur » de son mécontentement.

Vexé, le DC d’Ali Bongo a fait savoir dans une tournure pamphlétaire que s’il n’est pas d’accord qu’il s’en aille. Sa phrase « Tu boudes, tu bouges », excessive et indécente qui passe dans les réseaux sociaux pour un nouveau slogan, aurait donc été clairement adressée à Arnaud Calixte Engandji Alandji.

 Si ce dernier a été démis de ses fonctions 24 heures plus tard, les témoins de la scène ne font pas de mystère sur « le pouvoir » du DC. Après le célèbre slogan, nombre d’observateurs perçoivent des relents autoritaristes qui caractérisent désormais le sommet de l’Etat.

Arnaud Engandji a-t-il manqué à une mission pour être muté ? Surement pas. Car les timides réactions visibles de ce Gouvernement sont bien à son actif. L’aboutissement des routes des PK, l’amélioration des voies secondaires de Nzeng-Ayong, le pont de la nouvelle cité du même quartier…rendent compte d’un réel pragmatisme chez lui.

La montée en puissance des « BGFI Boys » (de nombreux haut cadres promus actuellement proviennent de la Banque leader au Gabon) est peut-être bien le début d’une explication.  Faire place nette à cette vague de nouveaux « élus » semble la trajectoire vers laquelle se tourne le pouvoir. On le constate, de nombreux ministres et directeurs généraux en sont issus. Dans tous les cas, il est manifestement interdit de bouder au PDG au risque d’être évincé. Si pour eux cela s’assimile à de l’indiscipline, ailleurs cela participe de l’expression démocratique qui autorise la divergence de vues.

 

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