• dimanche , 20 octobre 2019

Gabon : Et si Issoze Ngondet et Maganga Moussavou en savaient trop !

L’ancien vice-président de la République et l’ex-Premier ministre lors de leur visite à Ali Bongo à Rabat au Maroc. © D.R

Brusquement mis en retrait du cercle du pouvoir, l’ex-Premier ministre et l’ancien vice-président de la République, évincés respectivement le 12 janvier et le 21 mai derniers, alimentent par leurs attitudes des soupçons à laisser croire qu’ils en savent certainement un peu trop.

Les deux personnalités qui ont brillé par leur absence à la tournée interprovinciale du messager d’Ali Bongo, ont clairement affirmé le refus d’une « rédemption » éventuelle. Un signal évident que les observateurs de la vie politique gabonaise lisent comme un acte de défiance envers le directeur de cabinet du distingué camarade du parti au pouvoir.

Pour eux, croient-ils savoir, les deux hommes ne se seraient pas permis un tel « outrage » s’ils avaient la conviction que Brice Laccruche Alihanga agissait sur délégation express d’Ali Bongo. Cela aurait été naturellement considéré comme un affront vis-à-vis du Chef de l’Etat s’ils croyaient avec certitude au mandat autorisant son dircab à entreprendre une tournée interprovinciale.

Pour pouvoir assumer un tel comportement, pensent-ils, « les deux exclus » détiennent vraisemblablement des arguments pour tenir en respect le très visible dircab du DCP du Parti démocratique gabonais (PDG) à qui on prête des velléités de conquête du pouvoir.

Des secrets ? A propos de quoi ?

Fondé sur des relatives similitudes dans les derniers instants de l’exercice de leurs fonctions dans le cercle du pouvoir, on se souviendra que les deux personnalités sont les premières à avoir témoigné de la bonne santé du Chef de l’Etat, après l’avoir rencontré convalescent à Rabat au Maroc suite à un AVC subi en octobre dernier en Arabie saoudite.

De même, les deux hommes d’Etat ont par la suite été curieusement remplacé ou chassé tout simplement pour des motifs jusque-là non avérés. Le Premier ministre envoyé à la Médiature de la République, une fonction au contenu peu considéré qu’il a d’ailleurs déclinée, tandis que le vice-président s’est trouvé au chômage sur la base d’un tissu de soupçons autour du scandale du kevazingo, toujours pas élucidé.

On le voit bien, depuis la valse des hautes personnalités, Franck Emmanuel Issoze Ngodet et Pierre-Claver Maganga Moussavou sont quasiment les seuls à afficher des attitudes frisant le défi. Refuser d’occuper une fonction pourtant affectée par décret présidentiel ou s’autoriser une conférence de presse pour dénoncer une conspiration en désignant nommément l’auteur supposé de cette manigance, aucune autre personnalité n’a eu assez de cran pour le faire. Et pour couronner le tout, ils ont boycotté cette tournée du dircab politique d’Ali Bongo où s’est empressée la classe politique, aussi bien de la majorité que de l’opposition (modérée), ainsi que les autorités administratives déconcentrées.

Si Ali Akbar Onanga Y’Obegue, ancien ministre, dépêché du gouvernement, et plus récemment du PDG comme un malpropre pour avoir osé critiquer « le puissant » dircab qui s’autorisait des allers et venues dans le Haut-Ogooué en qualité de mandataire du DC politique d’Ali Bongo, en lieu et place du secrétaire général, s’est ravisé d’organiser une conférence de presse au lendemain de son éviction, il y a de quoi s’interroger sur quel socle repose le courage affiché par les deux personnalités.

Manifestement tenus par leurs serments, les deux personnalités ne semblent pas prêtes à se justifier, encore moins à rendre des honneurs au DC du DCP du PDG. Leur défiance à l’égard de ce dernier, renseigne incontestablement sur une énigme qu’ils couvent.

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