• dimanche , 20 octobre 2019

Gabon : La CNR Juge insuffisante la suspension de la mesure sur les bourses et exige son annulation pure et simple

La Coalition pour la nouvelle république (CNR, opposition) a exigé au gouvernement de renoncer aux mesures fixant les nouvelles conditions d’attribution des bourses d’études, estimant insuffisante la suspension cette année de son application décidé ce mardi.

Dans ce qu’elle range dans le cadre d’une « succession de décisions politiques irréfléchies », la CNR, à travers une déclaration lue à Libreville, a dit voir dans ces nouvelles conditions d’attributions des bourses d’études un caractère discriminatoire et antisocial pour la jeunesse gabonaise. « Ou est donc l’égalité des chances tant vantée à corps et à cris par ses promoteurs devenus soudain aphones ? » s’est insurgée la porte-parole adjointe, Armelle Yembi Yembi.

Loin d’être un acte isolé, a-t-elle indiqué, la récente décision fixant les nouveaux critères d’attribution des bourses d’études participe de « la dégradation généralisée des conditions de vie, comme l’illustrent tous les indicateurs sociaux de base…avec plus de 34% de Gabonais vivant dans une pauvreté extrême et un chômage galopant qui frappe singulièrement les jeunes dont le taux d’inactivité dépasse les 30% »

Pour la CNR ces conséquences sont sans conteste l’œuvre d’une mauvaise gouvernance. L’adoption de nouveaux critères sur les bourses ne répond à son avis à « aucune finalité digne d’intérêt ». Elle révèle plutôt une inégalité des citoyens devant le service public de la bourse. En prescrivant d’avoir 12/20 minimum et être âgé de 19 ans maximum lors de la première demande au Baccalauréat dans l’enseignement général et 10 de moyenne et 27 ans dans l’enseignement technique, le gouvernement accroît la précarité chez les jeunes. « …ces mesures honnies, bloquent l’ascenseur social et cimentent une société des inégalités que notre pays tout entier rejette », a fait savoir Mme Yembi.

Un doute légitime entoure l’efficacité des réformes envisagées. L’inapplication des États généraux de l’Education de 2010, les nombreux budgets alloués à l’Education qui se sont révélés improductifs, car les écoles et internats qui n’ont pas vu le jour en dix ans, rendent compte d’une volonté d’avoir toujours fait « si peu, sinon rien du tout dans ce secteur clé ». Conséquences : des salles de classe pléthoriques de 80 à 150 élèves, des vestiaires des stades de football transformés en salles de classes etc…

La raison de cette montée de fièvre sociale traduit, selon la CNR, un désaveu et un rejet total du régime en place. Elle dénote de la situation actuelle où les institutions ne sont pas en bon ordre de fonctionnement, a pensé Mme Yembi, ironisant sur l’aptitude remise en cause d’Ali Bongo. « Le Conseil des ministres est-il en mesure de se réunir ? Qui le convoque ? Qui le préside ? », s’est-elle interrogée, évoquant à cet effet la vacance au sommet de l’Etat.

La CNR a également dénoncé la violence de la force de répression à laquelle les élèves des différents établissements secondaires ont été confrontés ces derniers jours au moment des manifestations. Des actes, a-t-elle estimé, concourant à renforcer la méfiance et le désamour de la population vis-à-vis des forces de défense et de sécurité qu’elle croit être instrumentalisée par le pouvoir. « La répression est devenue un réflexe au sein des forces de sécurité désormais soumises à une instrumentalisation permanente » a ajouté Armelle Yembi Yembi.

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