• samedi , 7 décembre 2019

Gabon : L’Ajev, même pas capable d’une communication pour se défendre !

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Quelques cadres de l’Ajev, lors d’une sortie antérieure. © D.R

S’il ne s’agit pas d’un silence coupable, en tout cas ça y ressemble très fort. La bruyante association qui s’était garnie de nombreux portes-flingues est soudainement aphone depuis le déclenchement de la vague d’arrestations de ses cadres nommés à de hautes fonctions. Ni la presse qu’elle s’était mise dans la poche ni les partis alliés, PDG, RV et SDG, ni même les avatars déversés à foison sur les réseaux sociaux ne font entendre leurs positions. Quelques velléités timides poussent des cris d’orfraie, trop insignifiants pour en tenir compte.

Ce silence, très vite interprété comme un aveu, donne à penser que les motifs de détournements massifs et blanchiment à grande échelle relèvent bien du réel. La curieuse coïncidence d’appartenir à l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev), dont les membres, à chaque conseil des ministres, étaient nommés aux prestigieuses fonctions, singulièrement au sein des régies financières, rend bien probable l’hypothèse. Ne parlons pas de leur train de vie dispendieux racontés à l’envie par leurs fans. Affublés de noms traduisant leur puissance financière, les uns aussi farfelus que les autres, ces riches devenus voient leur fierté poussée des ailles avec des noms comme Okulu la solution, La Machine etc…

Pourquoi alors essayer de convertir ce qui est présumé être une vérité en règlèment de comptes ? Ces flatteurs exercés à la manipulation ont-ils du cœur à voir le pays lavé de la gangrène de la corruption, du détournement des deniers publics ? Un mal qui a défoncé le pays en moins de 10 ans, laisser croire à une crise économique profonde et surtout compromis l’avenir de toute une génération. Comment envisager l’avenir si les structures de base n’existent pas ?

On est bien d’accord pour dire que seule la cruauté peut détourner du regard cet état de choses. S’inviter en défenseur au prétexte que d’autres avant eux l’ont fait, c’est indéniablement être comptable de la situation au même titre que les principaux concernés. S’ils sont incapables d’humanité vis-à-vis de la grande majorité de Gabonais astreints à une pauvreté quasi extrême, laquelle a d’ailleurs ouvert la voie à de vices nouveaux comme les placements et le crime (étude Gallup), ou encore forcé à l’exile de nombreux Gabonais, n’osons pas nous montrer solidaires, ils doivent en payer le prix. C’est la dimension de la sanction infligée qui pourrait dissuader les promus.

Sans se risquer d’aborder la question d’un possible coup d’Etat largement évoquer dans les réseaux sociaux, chacun peut se faire sa propre opinion en fonction de l’attelage mis en place depuis l’entrisme des ajeviens au sein du parti au pouvoir, les changements opérés au sein des corps de sécurité et de défense, l’appareil judiciaire (d’ailleurs récemment reconfiguré), la mise à l’écart des fidèles du président (loyaux envers lui depuis plus de 30 ans) etc…

L’annulation des mesures en cascade par l’exécutif éveille le soupçon. L’annulation de la mesure de la cession des titres fonciers à titre gracieux à la Caisse de dépôts et de consignation (CDC), l’annulation du paiement en nature de la redevance minière proportionnelle, traduisent indubitablement que du feu couvait sous le fumier. A eux d’en apporter la preuve contraire.

 

 

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