• samedi , 23 novembre 2019

Gabon : Quand Laccruche Alihanga imite trait pour trait les actes d’Ali Bongo

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Brice Laccruche Alihanga dans la peau de son mandant.© D.R

Certainement pour narguer ses contempteurs, mais une chose est quasi certaine, le directeur de cabinet du président de la République qui dit agir sous sa casquette politique de directeur de cabinet du distingué camarade du parti au pouvoir, ne va pas s’épargner les foudres de ceux-ci après avoir partagé un plat de ‘’coupé-coupé’’, de la viande braisée découpée en lamelles, à la mythique place de Ndjolé comme c’est la tradition pour Ali Bongo à chaque passage dans ce département de la province du Moyen-Ogooué.

Ce geste de plus dans l’étendu de ceux qu’il pose au nom du Chef de l’Etat, devrait sans surprendre décupler la critique à son endroit. Tactique politique ou désir de transporter l’ombre du patron partout il aurait pu se rendre ? Ses pourfendeurs auront bien du mal à élire cet acte au rang d’une imitation innocente traduisant l’ambition de ne pas faire remarquer l’absence d’Ali Bongo. Car, l’état affligeant de l’occupant du Palais Rénovation pour cause de maladie n’échappe à personne. Jouer le jeu à sa place n’occulte pas son absence dans l’hinterland.

La magie des habitudes du Chef n’opère que parce qu’il les applique lui-même. Se substituer, même pour un intérêt noble, ne garantit pas le charme. Son plat de ‘’coupé-coupé’’ de Ndjolé lui rendait l’estime et les éloges d’un président humble, donc prêt à partager le quotidien des populations.

Pour un bon nombre d’observateurs, l’acte de Brice Laccruche Alihanga s’apparente bien plus à un désir d’accroitre sa popularité. Car, pensent-ils, sous le couvert du feu des critiques, la scène médiatique lui offrirait une parcelle plus grande. Selon ces observateurs, il s’inviterait à « la provocation » pour inciter davantage de réactions. Sinon, en quoi cette tournée est-elle nécessaire en cette période de crise économique ? Entreprendre la construction d’une école, d’un château d’eau…impose-t-il un coûteux tour du Gabon ? La réponse est immanquablement dans l’entendement qu’on a des priorités.

Si l’acte semble banal à première vue, le contexte ne conforte pas ce regard. Ali Bongo malade donc soupçonné d’être inapte pour continuer à exercer la fonction au sommet de l’Etat, est actuellement supplée par son directeur de cabinet dans un tour du Gabon. Pour les opposants et certains acteurs de la société civile qui prennent appui sur la Constitution, son pouvoir n’est pas cessible. D’où l’interprétation des moindres faits et gestes de celui qui le représente, même lorsqu’il s’invite manger des ‘’coupé-coupé’’.

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