• samedi , 7 décembre 2019

Gabon : Un nouveau portefeuille ministériel (bidon) pour atténuer la chute de l’ex-dircab d’Ali Bongo

L'ancien directeur de cabinet d'Ali Bongo

Brice Laccruche Alihanga.© D.R

Sauf à s’y méprendre, la dénomination du ministère auquel hérite Brice Laccruche Alihanga apparait à tout le moins comme un point de chute. Pour éviter à l’ex-directeur de cabinet d’Ali Bongo une plongée vertigineuse dans les abysses de l’oubli, le Gouvernement semble avoir opter pour une douce et lente descente aux enfers. Le concepteur du célèbre slogan « celui qui boude, bouge » est manifestement invité à goûter à l’amère saveur du mépris.

Comme un breuvage à consommer avec lenteur pour apprécier ce goût révulsant le poil, l’ancien directeur de cabinet du Chef de de l’Etat est appelé à gérer le Ministère chargé du suivi de la Stratégie des investissements humains et des objectifs de développement durable. Rien que ça !

Du manteau des honneurs à celui du ridicule, le très visible ex-Dc d’Ali Bongo doit à présent réviser l’interprétation de ses rêves. D’autres avant lui ont fait l’expérience du basculement d’un rêve enchanté au cauchemar. Ce côté bon joueur qu’il essaie de se donner après avoir été viré, en publiant un texte sur son compte Facebook où il dit sa loyauté à toujours servir, révèle une pointe d’amertume.

Sachant que dans la hiérarchie gouvernementale il ne sera pas appelé à jouer les premiers rôles, certains parmi ses victimes supposées doivent mourir de rire de voir qu’à l’inverse des membres du Gouvernement qui se sont pliés à la révérence lors de son récent tour du Gabon, qu’il se soumette au même exercice vis-à-vis d’eux, notamment face à ses supérieurs.

 La mise à l’écart de ses pions     

Comme c’est désormais la pratique, les protégés d’un proche du président de la République tombé en disgrâce doivent tout bonnement être débarqués de leurs fonctions respectives. A peine viré et déjà on note les évictions de ses proches. D’abord Justin Ndoudangoye, ex-ministre des TP et des Transports, Arsène Nkoghe, ancien ministre délégué à l’Intérieur, Renaud Allogho Akue, ancien DG de la Caisse nationale d’assurance et de garantie sociales (CNAMGS), Patrichi Tanasa de la Gabon oil company, Ismaël Ondias Souna, ancien DG de la Société équatoriale des mines (SEM). De même, comme ça avait été le cas à l’époque avec Bruno Ben Moubamba à qui certaines prérogatives avaient été retirées avant son éviction, l’ami de l’ex-messager du président de la République, Tony Ondo Mba s’est vu délester du pan des mines.

Il s’agit à n’en point douter des signes indiquant une tempête anti-Laccruche. Si toute sa horde de courtisants chantant ses louanges à longueur de journée a éteint ses vuvuzelas (trompette en plastique particulièrement bruyante) dès l’annonce de son éviction, on est curieux de voir l’étendu des dégâts. Mais au fait, qu’a-t-il commis comme faute pour être remercié de la sorte ? A l’heure actuelle seule, la spéculation offre des éléments d’explication. Il se trouverait que ses rapports avec le fils ainé d’Ali Bongo se seraient dégradés du fait d’une lisibilité opaque de la gestion d’un fonds pétrolier.

Dans tous les cas, il y a certainement des enseignements à tirer dans cette affaire. Ali Bongo serait-il donc bien lucide pour avoir eu la capacité de virer celui qui était soupçonné de gérer le pays à sa place ?

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