• samedi , 7 décembre 2019

Gabon/Vague d’interpellations au sommet de l’Etat : L’indignation des avocats des personnes gardées à vue

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Anges Kevin Nzigou, l’un des avocats du Collectifs. © L’Instantgabon

Réunis en collectif, les avocats des personnes interpellées depuis une semaine dans le cadre des détournements des deniers publics ont dénoncé via un communiqué le traitement infligé à leurs clients, envers qui la procédure depuis leurs interpellations, leur garde à vue, ainsi que la qualité des personnes conduisant l’enquête, rend compte de violations de la loi.

Jean Paul Moubembe, Anges Kevin Nzigou, Cédric Maguisset, Alicia Ondo, Irenée Mezui Mba et François Meye ont appelé les autorités judiciaires au respect des principes fondateurs de la procédure. Sachant l’enquête à ce stade revêtue du sceau du secret, ils se sont offusqués de l’immixtion des autorités judiciaires et militaires étrangères à la procédure pénale.

Au fait du dossier et impliqués dans les actes liés à la procédure en cours, ces agents violeraient ainsi les articles 23 et suivants du Code de procédure pénale. Lequel, dans son article 20, désigne en revanche les agents de Police judiciaire dans l’habilitation à l’exercer.

Le collectif a rappelé qu’une loi organique (008/2019 du 5 juillet 2019) consacre la qualité d’agir pour les infractions visées par cette enquête à la formation spécialisée du Tribunal de première instance de Libreville, composé de magistrats du siège et du parquet nommés en Conseil supérieur de la Magistrature (CSM). Cependant ils sont nombreux à intervenir sans mandat du CSM.

Alors qu’on les dénombrait ce mercredi à un peu plus d’une vingtaine, ces cadres d’établissements publics notamment n’ont pas pour la plupart connaissance des motifs de leurs arrestations. De même, les perquisitions et visites domiciliaires ont été, d’après le collectif, exécutés au-delà de 22h.

« Ces interrogatoires nocturnes et les conditions de garde à vue de certaines personnalités sont constitutifs de traitement humiliant et infamants incompatibles avec l’institution d’un Etat de droit », fait observer le Collectif, notant pour conclure que les avocats que le respect de la protection des droits de la défense est une exigence.

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