• samedi , 7 décembre 2019

Gabon/Wave acte 2 : La synergie pour une productivité agricole durable en Afrique

Les participants au lancement du programme Wave 2, le 6 novembre 2019 à Libreville. 

La phase 2 du programme Wave, impliquant 10 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre dans la recherche épidémiologique des virus affectant les plantes à racines et tubercules, plus singulièrement le manioc, a été lancée ce mercredi à Libreville par le ministre Gabonais en charge de l’Agriculture, Biendi Maganga Moussavou.

L’initiative qui découle de la volonté des Etats à assurer la sécurité alimentaire du manioc, denrée importante dans les habitudes de consommation des populations, bénéficie d’un appui financier de 16 millions de dollars de la Fondation Bill et Melinda Gates (USA) et du Department for international development (DFID, Royaume uni).

Placée sous le thème « La force de l’union pour une productivité agricole durable en Afrique », la rencontre de Libreville, prévue pour s’achever vendredi prochain, prévoit la mise en commun des plans de prévention et de riposte des pays membres du Wave afin d’augmenter durablement le rendement du manioc en Afrique. Une ambition qui se heurte malheureusement à deux graves maladies virales transfrontalières ruinant la productivité du manioc, car à l’origine des pertes de l’ordre de 40 à 70%, voire 100%.

La Mosaïque africaine du manioc (CMD) et la Striure brune du manioc (CBSD), ces pathologies dévastatrices sont donc au cœur des travaux consacrant cette orientation pour le développement durable. « Ce qu’on va faire avec le programme Wave c’est qu’on puisse vous donner des semences, des habitudes et un savoir-faire qui vous permettent non seulement de protéger vos champs, mais aussi de ne pas propager des maladies à l’ensemble du pays. C’est vraiment un travail simple, mais structuré que nous faisons grâce à l’expertise de tous ces chercheurs qui ne doivent pas finalement être tenus à l’écart du développement agricole », a indiqué le ministre en s’adressant aux agriculteurs.

Si le Gabon s’est donné l’objectif d’atteindre d’ici à 2023 la sécurité alimentaire grâce aux outils qu’il a mis en place dans le cadre de sa politique agricole contenue dans le pilier Gabon vert d’Ali Bongo Ondimba, le programme Wave apparait clairement comme un instrument de plus vers l’atteinte de cet objectif. « Comme vous le savez, notre pays, le Gabon est tourné résolument vers la stratégie de diversification des sources de son économie à travers le déploiement de divers projets de développement comme le programme Graine. Ainsi Wave constituera un appui important pour la mise en œuvre de ce programme gouvernemental, pour concourir à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire à travers la production du manioc, une denrée essentielle de notre alimentation », a fait savoir Jacques François Mavoungou, directeur pays du programme Wave.

Le directeur exécutif du programme Wave a pour sa part mis l’accent sur l’urgence à agir. Justin Simon Pita a relevé qu’avec les changements qui s’opèrent, notamment avec la mutation des génotypes des mouches blanches, vecteurs des maladies virales, transportant les virus depuis les plantes malades vers les plantes saines, il y a un mouvement menaçant de l’Afrique de l’Est vers l’Afrique de l’Ouest, en passant par l’Afrique Centrale.

« La menace nous interpelle », a lancé M. Pita, précisant que l’ambition est d’aller loin. D’où cette approche régionale consistant à aller vite et ensemble. « Going far, fast, together », s’est-il exclamé.

Alors que la phase 1 qui réunissait 7 pays de l’Afrique de l’Ouest essentiellement avait permis, sur la base d’un protocole harmonisé, de visiter 3713 plantations, des prospections au Gabon et au Cameroun sont impératifs afin de fournir des données fiables.

La représentante du Department for international development (DFID) et celle de la Bill et Melinda Gates Foundation (BMGF) ont chacune dévoilé leur ambition d’accompagner ce programme qui devra durer 4 ans. La vision de bailleurs de fonds consiste à l’optimisation des productions de manioc pour ne plus connaitre ce que des familles en Ouganda par exemple ont traversé à cause des plantations décimées par ces maladies infectieuses. Conséquence : une famine qui a entrainé la mort de milliers de personnes.

Aine Mc Gowen et Dr Katherine Kahn ont dit leur volonté de voir ce processus inclusif. Selon elles, les engagements des Etats à faire face aux menaces qui pèseraient sur la sécurité alimentaire pourraient donc prévenir une catastrophe humanitaire.

 

 

 

 

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