• samedi , 7 décembre 2019

Opération scorpion : Le crime parfait pour Brice Laccruche Alihanga ?

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Le patron de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev), pas inquiété.© D.R

Le curseur de l’accusation semble s’orienter vers lui, et pourtant l’homme demeure en liberté. Après ses déboires judiciaires il y a un peu plus de six ans, alors qu’il était directeur général de BGFIBank Gabon, le président de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev) a manifestement appris de ses erreurs, entend-on des débats qui passionnent actuellement les populations.

Soupçonné d’être le maitre à jouer de ce vaste réseau de prédateurs financiers, les enquêteurs éprouvent toutes les peines du monde à le prouver, car semble-t-il, l’homme n’aurait laissé aucune trace d’une quelconque transaction financière à son profit.

Si les personnes bien introduites dans les alcanes du pouvoir affirment qu’il aurait été entendu et ses bureaux du Narval à Libreville perquisitionnés lundi dernier, il revient avec insistance que l’homme aurait rejeté en bloc les allégations de complicité dans ce scandale.

Son cercle immédiat détenu à la prison centrale n’a visiblement pas vu la magie opérer. Ordonnateurs de crédits pour la plupart, l’écriture comptable aurait révélé des pistes de sorties injustifiées d’argent. Seulement, rien n’accrédite l’hypothèse qu’elles étaient destinées à Brice Laccruche Alihanga.

Sans préjuger avec certitude de l’implication dans ce dossier brulant de l’ajevien en chef, les débats passionnés dans les groupes watsapp et dans le réseau social Facebook ne font pas de mystère sur sa mainmise dans le circuit financier. Son passage à la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII), après la BGFIBank Gabon, aurait là aussi été marqué par un litige financier. Des personnes dans cette entreprise de l’Etat auraient été emprisonnées. Sauf que là, pas de traces. Seuls les effluves d’un supposé détournement orchestré par ses soins sont inhalés. Un coup de maitre exporté sur un terrain plus grand ?

Brice Laccruche Alihanga que plusieurs personnalités contestent l’identité, aurait donc vu grand. Nombreux parmi ses anciens collaborateurs de BGFIBank Gabon ou de la CNNII ont été catapultés à de hautes fonctions, pour la plupart stratégiques. Un positionnement que beaucoup interprètent comme l’installation d’ouvriers loyaux pour bâtir la toile des détournements à grande échelle. Selon le magazine Jeune Afrique, la Dupont consulting company gérée par son frère cadet, Grégory Laccruche Alihanga, aurait perçu 6 milliards de FCFA de la part de la Société gabonaise de raffinerie (Sogara) pour des prestations fictives. Là, toujours pas de traces menant directement à lui.

Et comme dans un cartel, balancer le chef ne se pardonne pas. La pègre dans ce milieu paie les pots cassés. Ce qui s’assimile à un remake de la Cosa nostra prévoit déjà un feuilleton judiciaire truffé de vices de procédures, des reports de sessions aux motifs de prévenus malades et, au final des relaxes. `

Désormais habituées aux arrestations spectaculaires sans réels impacts, les populations n’espèrent pas davantage des sanctions proportionnelles à l’argent détourné. Car la justice apparait plus sévère envers les politiques et les moins disant de la société, qu’envers les grands prédateurs financiers. Ce qu’on reproche à Bertrand Zibi est-il l’équivalent de ce qui est reproché à Patrichi Tanasa, en termes d’influence sur la vie des populations ? Certainement pas.

L’argent payerait donc tout ? On l’appréciera avec le dénouement de ces arrestations. Si ces montants que d’aucuns estiment faramineux ne conduisent pas à des peines d’emprisonnement frôlant la perpétuité, le crime parfait aura donc bien été exécuté. En réalité, que valent deux années de prison si on garde dans un compte des Milliards de francs ?

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