• samedi , 7 décembre 2019

Poursuites levées pour Jean-Rémy Yama ?

Jean-Remy Yama, le président de Dynamique unitaire, en liberté malgré les poursuites lancées contre lui. © D.R

Les poursuites déclarées par le ministre de l’Intérieur contre le président de la confédération syndicale Dynamique unitaire s’apparente bien à un écran de fumée, avec tout le manège d’une justice spectacle : communication télévisée, appel à la restauration de l’autorité de l’Etat, menace de poursuites pénales, arrestations de proches.

Après avoir déclaré le 2 juillet dernier, selon son intime conviction « qu’Ali Bongo est mort, il n’existe plus », une affirmation qui avait fait un tollé, Jean-Rémy Yama avait systématiquement fait l’objet de poursuites pénales pour propagation de fausses nouvelles lancées par le ministre en personne, Edgard Anicet Mboumbou Miyakou, alors en fonction au Ministère de l’Intérieur et de la Justice. Reclus en France quelques heures seulement après « le lâcher de sa bombe », on le croyait, comme beaucoup d’autres Gabonais, estampillé exilé politique car pourchassé par le régime. Après une visite à son domicile des éléments cagoulés de la Direction générale des recherches,

Seulement voilà, le 8 novembre dernier l’homme a fait un come-back sans jamais avoir répondu des charges qui pesaient contre lui. En liberté de tous mouvements, le leader de Dynamique unitaire a repris ses activités syndicales sans être inquiété. Ce serait évidemment faux de dire que l’évoquer serait pour le gouvernement une piqûre de rappel. Tout le monde le voit et l’entend.

Arrangement ou énième rétropédalage du gouvernement ?

 S’il justifie son détour en France par des raisons de soins de santé, il sait que l’argument avancé peine à convaincre. Une version qui cache mal une possible entente qui, dans ce cas soulèverait des interrogations sur ce qui constituerait la contrepartie aux poursuites abandonnées. Qu’a-t-il promis aux autorités celui qui même était interdit d’antenne dans tous les médias partenaires de l’Etat par la Haute autorité de la communication ?

Il s’agit à l’évidence d’un scénario qui donne à éveiller le soupçon, quand bien même une hypothèse apparait tout de même plausible : l’habituel rétropédalage du gouvernement. De récents évènements le prouvent. Après l’annulation de la cession à titre gracieux des titres fonciers de l’Etat à la Caisse de dépôts et de consignation (CDC), l’annulation du paiement en nature de la redevance minière proportionnelle, le gouvernement se ravise à chaque fois et le peuple commence à s’y habituer. A-t-il renoncé à ses poursuites envers le syndicaliste ? Rien ne l’indique.

Par les bruits qui courent, notamment avec les montants relevés dans les écritures comptables de la Gabon oil company (GOC), au cœur d’un scandale financier, où un budget de 3,8 Milliards de FCFA avait été affecté pour soudoyer les acteurs de la société civile, l’attitude curieuse du gouvernement et l’assurance du syndicaliste sèment dans les esprits des légitimes soupçons.

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