• samedi , 23 novembre 2019

Suspension de Gabonreview : le clash Ntoutoume Nkoghe vs Ndjimbi

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Raphaël Ntoutoume Nkoghe, président de la Hac et François Ndjimbi, patron de Gabonreview.© D.R

On savait que les deux hommes ne s’appréciaient guère. Mais jusque-là le parfum d’animosité ne se répandait pas au-delà de certains couloirs ou colonnes de journaux. Il aura fallu que Raphaël Ntoutoume Nkoghe hérite de la Haute autorité de la communication (Hac) pour que les effluves de cette « rivalité » relèvent les narines de biens de curieux.

Pas besoin de fouiller le fond de la poubelle de l’histoire, car les vieilles ordures font suffoquer, mais rendons-nous au dernier épisode : la suspension pour trois mois du blog magazine Gabonreview de François Ndjimbi. Récemment suspendu au même titre que 29 autres sites d’information pour défaut d’existence administrative et juridique, l’organe en ligne le plus lu au Gabon s’était résolu d’observer la sanction quand bien même il avait depuis régularisé sa situation sans malheureusement avoir transmis le dossier à l’autorité de régulation.

Flairant bien sûr un premier coup de son « adversaire », le patron de Gabonreview traduira avec « finesse » l’expression de ses soupçons. «…nous refusons de servir de faire-valoir ou de crédibiliser le carriérisme. Si d’aucuns avaient cru nous embarquer dans un combat de coq, nous avons préféré leur opposer notre idée de la République. Notre engagement pour une authentique démocratie libérale et un Etat civilisé nous oblige à ne pas répondre à toutes les provocations, à déjouer certains pièges et à ne jamais sombrer dans le péché d’orgueil. Cette conviction nous a conduits à ne pas saisir le juge administratif et à nous conformer à la décision du 24 juillet dernier. Surtout, elle nous oblige à le redire : les décisions de la Hac peuvent faire l’objet d’un recours en annulation ou en reformation devant le Conseil d’Etat », avait-il écrit au retour de cette suspension qui avait duré deux semaines dans un article intitulé « Respect de la suspension de nos services : Contre le carriérisme, la finesse »

La Hac que d’aucuns assimile déjà à la Melpomene, la muse de la tragédie, dans un contexte où tout le monde semble privilégier la réconciliation, fait craindre des represailles insoupçonnées, au point de contraindre Gabonreview à se fabriquer des scellés en autocollants. Le risque, François Ndjimbi le mesure donc bien. C’est un indicateur qui semble en tout cas assez révélateur de l’éventuelle riposte de son refus de se plier à cette suspension de trois mois pour « injures envers l’autorité de régulation ». Le blog magazine quine comprend pas cette phobie des mises en demeure, avertissements et autres sanctions intermédiaires, comme si l’autorité était prise de troubles compulsifs à la suspension des organes de presse.

Ainsi plongé dans une impasse, on se doute bien que « le conflit » va se déplacer sur le terrain judiciaire, notamment à la Cour administrative où chacun croit avoir en sa faveur les éléments de droit à faire valoir.

Pour rappel, la Hac est un collège de 9 membres comprenant deux mandataires de la corporation des communicateurs. L’implication de François Ndjimbi dans le vote de ces deux délégués a vite fait dire dans les milieux de la presse qu’il cherchait à installer un contrepoids aux décisions du président de la Hac qu’il savait d’avance rudes à son encontre.

Clairement, si ce « conflit » est enrobé de faits, la réalité oppose des personnes. Seulement, la dizaine d’employés que compte cette entreprise de presse en paie le prix, quand on sait les chiffres du chômage dans notre pays ahurissants. De même, les défaillances d’exploitation occasionnent d’énormes pertes pour l’entreprises. Sans doute, pour toutes ces raisons que l’Organisation patronale des médias (Opam) demande qu’il soit enlevé de la tête de l’entité de régulation.

 

          

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